samedi 31 juillet 2010
Les vices cachés

Comment apporter la preuve d'un

vice caché

?

Avant d'engager un procès ou une négociation amiable, vous avez besoin de l'avis d'un technicien pour : Vous pouvez faire appel à un garagiste ou à un expert. Avant d'avoir recours à un expert, mettez-vous d'accord sur ses honoraires (ils sont libres) et n'omettez pas de le mandater très clairement : demandez qu'il se prononce sur l'usure normale ou anormale d'une pièce, par exemple. Vous pouvez vous adresser au greffe des tribunaux. Des syndicats professionnels peuvent aussi vous communiquer une liste d'experts.
En dehors du rapport d'expertise, la preuve du vice peut résulter de factures, d'échanges de correspondance avec le professionnel (comme des pannes à répétition).
Mais, attention, vous ne pourrez plus agir en garantie des vices cachés si vous avez démonté le matériel défectueux ou réparé votre véhicule, sans provoquer une expertise contradictoire.


Que demander en cas de vice caché ?
Vous pouvez essayer de trouver un accord amiable. Dans l'hypothèse où aucun accord amiable n'intervient, vous pouvez vous adresser aux tribunaux civils. Selon l'article 1644 du Code civil, vous avez le choix entre l'annulation de la vente (restitution de la voiture et remboursement du prix) et un remboursement partiel (conservation de la voiture). Ce choix appartient à vous seul et vous n'avez pas à le justifier, même dans le cas où le garagiste vous propose de remettre en état le véhicule (Cass. civ. 1re, 23 mai 1995 - Contrats Conc. Consom., 1995, n° 141 ; D. 1996, Somm. 15).
Vous pourrez, en outre, obtenir des dommages et intérêts. Ceux-ci vous seront dus de plein droit si le vendeur est un professionnel (art. 1645 C. civ.) ; mais s'il s'agit d'un non-professionnel, vous devrez prouver qu'il avait connaissance du défaut avant de vous vendre le véhicule (art. 1646 C. civ.).
Ces dommages et intérêts correspondent au préjudice matériel ou moral que vous estimez avoir subi (frais de location d'un véhicule de remplacement, assurance, frais de crédit…). Il vous faudra justifier de ces frais au tribunal. Ainsi, le tribunal de grande instance de Bordeaux a condamné un vendeur à rembourser les frais de crédit, d'expertise et d'immobilisation, suite à un préjudice résultant d'un vice caché (TGI Bordeaux, 1re ch., 29 juin 1988 - Jurisp. auto., 1989, p. 26).