Acheter une occasion : Les documents necessaires
Un écrit est obligatoire
Lors de l'achat d'un véhicule d'occasion, le vendeur doit
vous remettre un document écrit comportant un certain
nombre d'informations obligatoires (art. 5 al. 2 du décret
n° 78-993 du 4 octobre 1978). Ce document peut prendre
plusieurs formes : bon de commande, bon de livraison,
facture (obligatoire pour les garagistes), attestation ou
certificat de vente.
Il doit comporter obligatoirement les mentions suivantes :
- la marque du véhicule ;
- le type et le modèle
- la version et, le cas échéant, la variante de ce modèle (ou le millésime du véhicule si celui-ci a été mis en circulation avant le 1er juillet 2000) ;
- le mois et l'année de la première mise en circulation ;
- le nombre de kilomètres parcourus depuis cette mise en circulation ou, s'il y a lieu, le nombre de kilomètres au compteur non garantis (le vendeur ne peut assortir la mention du kilométrage de la mention "non garanti" que s'il n'a pas été en mesure de connaître le kilométrage réel).
Les documents nécessaires à l'immatriculation du véhicule
Le vendeur d'une voiture d'occasion n'a pas seulement
l'obligation de vous livrer le véhicule, il doit aussi vous
remettre
" ses accessoires et tout ce qui a été destiné à son
usage perpétuel " (art. 1615 C. civ.). Pour un véhicule
automobile, il s'agit essentiellement des documents afférents
au véhicule et nécessaires à son utilisation (voir ci-dessous).
En cas de vente, le vendeur propriétaire du véhicule doit,
dans les quinze jours, adresser à la préfecture de son
domicile une déclaration de vente du véhicule indiquant
le nom et l'adresse du nouveau propriétaire. Ne vous
étonnez donc pas si le vendeur vous demande ces renseignements.
Il doit vous fournir :
- le certificat d'immatriculation (carte grise) barré, portant
la mention lisible "cédée ou vendue le…" ;
- une attestation du vendeur certifiant la vente et attestant
que le véhicule n'a pas subi, depuis la dernière
immatriculation, de transformation susceptible de
modifier les indications de la précédente carte grise
(certificat disponible en préfecture) ;
- un certificat de gage ou de non-gage datant de moins
de un mois ;
- un certificat de non-opposition au transfert de carte
grise datant de moins de deux mois (art. L. 322-2 C.
route). Ce certificat doit vous être remis avant la vente.
Il vous assure du paiement de ses contraventions par
l'ancien propriétaire ;
- un certificat de contrôle technique datant de moins de
six mois pour les véhicules mis en circulation depuis
plus de quatre ans, et de moins de vingt-cinq ans pour
les véhicules de collection (art. 5 bis du décret 78-393
du 4 octobre 1978) ; attention, vous ne pourrez obtenir
la carte grise sans la preuve du contrôle. Par ailleurs, il
faut souligner que ce contrôle n'est pas un gage de qualité
du véhicule ;
- le certificat de garantie commerciale, le cas échéant.
Vous avez quinze jours, à compter de la date de vente
inscrite par le vendeur sur la carte grise barrée, pour
demander une nouvelle carte grise à la préfecture de
votre domicile.
En cas de non-remise de documents
Si tous ces documents ne vous ont pas été délivrés par le
vendeur, vous avez la possibilité de demander au juge la
résolution de la vente (restitution de la voiture et du
prix), et éventuellement des dommages et intérêts si
cette situation vous a causé un préjudice chiffrable (Cass.
civ. 1re, 22 janvier 1991 - Bull. civ. n° 23 ; Cass. civ. 1re,
18 avril 2000 - Jurisp. auto., p. 514).
Il vous est aussi possible, si vous le préférez, de demander
au juge des référés (procédure d'urgence) de maintenir
la vente et de condamner le vendeur à vous remettre
les documents manquants, sous peine d'astreinte. Par
exemple, 45 € d'astreinte par jour de retard pour la
remise d'un certificat de garantie contractuelle ; 15 €
d'astreinte pour les documents nécessaires à l'immatriculation
(TGI Clermont-Ferrand [deux référés], 4 avril
1989 - Jurisp. auto., 1990, p. 208).
En revanche, si le vendeur est tenu de vous donner les
documents administratifs avec le véhicule vendu, il peut
les conserver tant que le prix du véhicule n'a pas été
payé, c'est ce que l'on appelle un droit de rétention (Cass.
com., 31 mai 1994 - Bull. civ. 195).