Le contrôle technique
Tout vendeur professionnel ou non professionnel de voitures
automobiles mises en circulation depuis plus de
quatre ans doit remettre à l'acheteur non professionnel
un document enregistrant les résultats des vérifications
effectuées dans un centre de contrôle agréé (art. 5 bis du
décret du 4 octobre 1978 et R. 323-6 C. route).
L'obligation de contrôle technique ne concerne pas tous
les transferts de propriété des véhicules (art. 3 de l'arrêté
du 18 juin 1991). Ainsi, n'y sont pas soumis :
- le véhicule donnant lieu à la délivrance d'une nouvelle
carte grise à la suite d'un changement matrimonial
(décès ou divorce) ;
- le véhicule immatriculé au nom d'un héritier à la suite
d'une succession ;
- le véhicule de collection défini à l'article R. 311-1 du
Code de la route (véhicule ayant plus de vingt-cinq ans).
Le contrôle technique n'est pas non plus obligatoire pour
les motos ou les cyclomoteurs.
La validité de l'attestation de contrôle technique est
valable six mois. Passé ce délai, un nouveau contrôle est
donc obligatoire pour vendre son véhicule.
Le non-respect de l'obligation de contrôle technique est
sanctionné par une contravention de la 4e classe, c'est-à-dire
une amende pouvant aller jusqu'à 750 € (art. L. 323-1
C. route).
Le certificat de contrôle technique est-il un gage de qualité du véhicule ?
Ce certificat permet de se faire une opinion relative sur l'état du véhicule. Il vous indique, en particulier, les
défauts de sécurité qui exigent une réparation immédiate.
Si aucune anomalie n'est relevée, vous ne pouvez
cependant pas être certain que la voiture est en parfait
état de marche.
En effet, le contrôle technique ne porte que sur un certain
nombre de points de contrôle bien définis (châssis,
suspension et essieux, direction, freinage, éclairage,
roues, carrosserie, équipements). En outre, le contrôle
technique s'effectue par constatations visuelles ou grâce
à des appareils, mais sans démontage.
Par conséquent,
" l'absence d'indication, sur le rapport de
contrôle technique, du défaut de l'embrayage et du défaut
de fonctionnement du moteur n'engage pas la responsabilité
du centre de contrôle technique " (Douai, 8e ch.,
15 septembre 1994 - Jurisp. auto. 1995, p. 525).
Néanmoins, la responsabilité des centres de contrôle
peut être retenue, notamment, lorsqu'un défaut qui
aurait dû être détecté ne l'a pas été. Par exemple, l'état
d'oxydation ancien de la coque d'un véhicule âgé de 17
ans ne peut échapper au contrôleur à l'issue du
simple contrôle visuel prévu par la norme Afnor, qui commande,
après installation du véhicule sur fosse ou élévateur,
de relever sur le châssis et sur les éléments du châssis
" toutes détériorations affectant la rigidité, corrosion au
point d'ancrage, toutes déformations importantes " (Lyon,
1re ch., 11 avril 1991 - Jurisp. auto. 1992, p. 429).
Si le véhicule d'occasion révèle un vice caché après son
achat, le centre de contrôle technique et le vendeur peuvent
en être reconnus comme solidairement responsables.
Un centre de contrôle technique a été condamné
avec le vendeur à restituer le prix du véhicule à un acheteur
et à lui payer une indemnité de 300 € pour avoir
omis de signaler les déformations des longerons avant
(TI Clermont-Ferrand, 25 mars 1987 - INC n° 1801).
Enfin, le responsable du centre de contrôle technique
peut, dans certains cas extrêmes, être poursuivi pénalement
pour tromperie. Par exemple, si le contrôleur a procédé
à une vérification particulièrement sommaire du
véhicule et a délivré un certificat de contrôle manifestement
incomplet, sachant que celui-ci devait être remis
au futur acheteur et que ses mentions constitueraient un
facteur déterminant de la vente (Cass. crim., 16 mai 1991 -
BID n° 91-458).